COMMENT TORTURER DES FAITS REELS POUR CREER DE LA RUMEUR

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Article Médiacités Lille


 

Je suis tombé sur un article du Journal Médiacités lille concernant la société GENFIT.

Je regarde depuis de nombreuses années le monde de la NASH et les actualités de la société GENFIT, leader dans la recherche sur cette maladie.

Il se trouve que je suis aussi un petit actionnaire de cette société comme d’ailleurs de quelques autres dans le monde de la recherche contre la NASH.

Je me suis dit que j’allais peut être apprendre quelque chose ! 

 

Et bien oui !

J’ai appris comment un journal pouvait torturer des faits réels pour créer de la désinformation.

J’ai appris que le journalisme n’était plus la recherche de la vérité dans le but d’informer et qu’un journaliste pouvait publier des informations fausses  dans le seul but d’alimenter une polémique.


Il se trouve que je suis un maniaque de la recherche des faits, des données et de la vérité alors lorsque je suis tombé sur cet article, je me suis dit, curieux ! je n‘ai pas les mêmes informations, vérifions !

 

Je vais passer rapidement sur le passage comparant le chiffre d’affaire d’une société de biotechnologie en phase de recherche avec celle d’une boulangerie. Le fait que la très grande majorité des Biotechs en phase de recherches ne fassent pas encore de chiffre d’affaire est une lapalissade, il est triste qu’un journaliste fasse semblant de le découvrir pour faire le Buzz !

 

Première phrase de l’article qui m’interpelle :

"Depuis sa création en 1999, la société de biotechnologies Genfit n'a jamais dégagé le moindre bénéfice"

Ces affirmations du Journaliste sont elles vraies ? j’avais le vague souvenir que non !

je suis allé chercher les résultats de la société de 2005,  résultat net :  + 1 394 826 € ? en 2004 ? encore plus

Manifestement le journaliste n’a pas pris le soin de vérifier ce qu’il écrivait en ce qui concerne les bénéfices ce qui fait qu’il publie une fausse information, ca commence bien !

 

"Le total de ses dettes dépasse 160 millions deuros"

Euhh, c’est a dire que effectivement la ligne « passifs non courants » du bilan au 31/12/2017 indique bien 161 Millions d’euros suite à un emprunt fait avec des océanes, mais toute analyse de bilan qui se respecte regarde aussi les actifs courants c’est à dire l’argent disponible sur les comptes et valeurs liquides pour compenser les dettes, dans le cas de Genfit le total des actifs courants est de 283 Millions ce qui fait que la société pourrait rembourser l’emprunt CASH et qu’il lui resterait encore 120 millions sur son compte.

Soit le journaliste ne sait pas lire un bilan, soit il présente volontairement des éléments incomplets pour influencer ses lecteurs. Comment savoir ?

Ce qui est intéressant ce que pour sortir le chiffre exact du CA le journaliste a forcément été obligé de lire le bilan, ce qui laisse penser que la réponse à ma question précédente est plus facile, le journaliste se permet de présenter des éléments incomplets à ses lecteurs dans un but inavouable ! 

Nous sommes devant une présentation biaisée voulant laisser croire que la société est dans une mauvaise passe financière alors que ce n’est absolument pas le cas !

 

Avec la même méthode nous pourrions nous inquiéter de la santé de la société MEDIACITES SAS possédant ce journal qui présente une dette à son bilan de  69 900 €,  si on oubliait de préciser que sa trésorerie est de 70 000€ et que avec le reste de ses actifs elle a un total d’actifs circulants de 135 000 euros soit plus du double de sa dette.

 

Je ne me suis pas attardé sur le rappel du conflit ayant opposé Monsieur Mouney et Monsieur Fruchart, Cofondateurs de Genfit, de ces histoires de séparations il reste souvent des rancœurs qui persistent pendant parfois de très longues années ! 

Lire ce genre d’articles en est une preuve évidente.

Par contre j’ai été interpellé par une petite erreur :

« En 2010, après une décennie passée à tenter d'exploiter la GFT505, la société se positionne sur un nouveau créneau - la Nash - et nomme sa molécule "Elafibranor" »

Pour être précis, comme un journaliste sérieux devrait l’être, c’est seulement en 2015 que la molécule à été nommé « Elafibranor » et enregistrée ainsi auprès de l’OMS.

"Genfit n'est pas la seule entreprise en piste pour soigner cette maladie de pays riches et de patients solvables. Mi-2018, le site spécialisé Clinicalleader dénombrait 175 à 200 produits en développement pour la Nash, communément appelée « la maladie du foie gras » et sa cousine, la nonalcoholic fatty liver disease (NAFLD). »

Bon là je suis sur un terrain que je pense maitriser un petit peu il n’est pas raisonnable de regarder de la même façon les médicaments ciblant la NASH et ceux ciblant la NAFLD 

Ma liste concernant les médicaments ciblant la NASH comporte environ 60 noms dont seuls 4 sont en phase 3 !

Vous pourrez trouver celle liste ici avec l’avancement estimé de chaque programme de recherche

 

« En mai 2018, la société avait seulement la moitié des 2000 patients nécessaires pour ses essais de phase 3, alors que le recrutement a commencé en mars 2016. L'autorisation de mise sur le marché en 2020 supposerait une accélération foudroyante… »

Alors là ! mais alors là,  il m’épate !  c’est le pompon !

Le journaliste laisse croire à ses lecteurs que les 2000 patients sont nécessaires à l’autorisation de mise sur le Marché, c’est soit de l’incompétence soit de la désinformation ! à vous de juger !

Pour info, Genfit est éligible au Subpart H de la FDA ce qui lui permet de demander une AMM sur la base de résultats intermédiaires, soit dans ce cas, sur la base des résultats sur les 1000 premiers patients. L’étude clinique devant durer 72 semaines pour chaque patient, les 1000 premiers patients auront fini l’étude en octobre 2019, une AMM en 2020 ne nécessitera donc pas une accélération foudroyante comme l’écrit le journaliste mais le simple respect du protocole de l’étude.


Je me suis arrêté là ! il faut un minimum de fiabilité des sources pour qu’un article soit intéressant, celui là ne l’était pas, j’avoue être tombé de ma chaise en le lisant, car de nombreux faits cités sont avérés mais ils sont présentés de façon biaisées, et certaines affirmations sont fantaisistes ou carrément fausses.

Il est clair que ce n’est pas du grand journalisme, cela ressemble plutôt à un règlement de comptes par procuration. cela m'attriste pour la profession !



 G Divry


"Il va se soi que, n’étant ni médecin ni biologiste, ni analyste financier, mon point de vue n’est que celui d’un amateur éclairé , il faut donc le prendre pour ce qu’il est, un point de vue contestable."


PS 

depuis, Mediacités a publié un deuxième article citant des informations anonymes d'un forumeur de boursorama, je comprend mieux la piètre qualité de ses sources, du grand journalisme!



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