L’ATONIE DU MARCHE BOURSIER FRANÇAIS DES BIOTECHS EST DESESPERANTE 

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Lorsque l’on regarde avec attention le monde de la bourse française face aux valeurs de la biotechnologie, on constate avec stupeur la frilosité, l’incompétence et parfois même l’intention de nuire des investisseurs institutionnels Français.

La France peut s’enorgueillir d’abriter une des meilleurs communauté mondiale de chercheurs et scientifiques dans la biotechnologie, d’avoir des entreprises de biotechnologie parmi les plus innovantes, mais  elle peut se lamenter d’avoir les investisseurs institutionnels déplorablement les plus frileux, incompétents et même hostiles quand il s’agit de les financer, valoriser ou soutenir.

A part quelques analystes financiers spécialisés qui connaissent leurs dossiers et qui se comptent sur les doigts d’une main, il n’existe pas vraiment en France d’investisseurs regardant les Biotechs comme de futures sources de profits comme cela est perçu outre atlantique.

Pour la majorité d’entre eux, par méconnaissance ou incompétence, une biotech est une valeur à risque, sur laquelle on peut caler un robot prudent pour faire quelques profits a la hausse ou a la baisse rapidement mais ce n’est pas un investissement.

Par exemple, une grande banque française ( BNP) qui se targue d’accompagner le développement de l’économie réelle est prise la main dans le sac lorsque on découvre que discrètement elle parie des centaines de milliers d’euros sur la baisse du cours d’une de nos belles pépites française qu’est GENFIT en vendant à découvert des actions. Et ce faisant contribue  et montre  à tous qu’elle souhaite la baisse de la valorisation de la société ce qui pourra l’empêcher de se financer correctement dans le futur. 

Cet exemple est caractéristique du double langage de ces institutions financières qui font de l’argent en pariant sur l’échec de nos entreprises au lieu de parier sur leur succès.

Comment demander aux français d’investir dans l’économie réelle en investissant dans les entreprises en bourse lorsqu’ils découvrent que leur banque joue discrètement contre leur investissement. Le pire c’est que la régulation boursière dans ce cas précis ne permet pas au petit porteur de parier lui aussi sur la baisse du titre, on ne lui laisse que la possibilité d’investir en pariant sur la hausse, la banque, elle, a accès aux outils qui lui permettent de parier contre l’investissement de ses clients et elle ne s’en prive pas. La finance et la morale ne font pas bon ménage, une banque comme la BNP peut donc faire perdre de l’argent à ses clients pour en gagner elle même.  Il va de soit que tout cela n’est possible que dans la discrétion la plus complète. 

On peut aussi compter sur l'incompétence notoire des investisseurs parisiens dans les Biotechs.

Aujourd’hui, la réaction des investisseurs devant la moindre hausse de cours de plus de 20% d’une Biotech est la vente immédiate pour prendre sa plus value. On peut critiquer cette méthode mais comme cette dernière est auto réalisatrice, depuis quelques années les cours des Biotechs européennes leur donnent raison. 

Je soupçonne même que tous les robots des traders sont calés sur ce principe. Le problème est que maintenant, à la moindre hausse  de cours c’est celui qui sortira le plus vite qui s’en sort le mieux et, de ce fait, le pourcentage de hausse après lequel l’investisseur ou son robot, vend, ne fait que baisser ce qui conduit depuis un an à une atonie totale des cours de bourse, la moindre montée de quelques pourcents est immédiatement vendue, empêchant toute progression des cours. 

Or les gros investisseurs, qui ont accès à des outils interdits aux petits porteurs, ne pouvant jouer les cours à la hausse en gagnant suffisamment, les jouent maintenant aussi à la baisse pour  amplifier leur profit sur les petites fluctuations restantes.

Le résultat est que les investisseurs se retirent progressivement des Biotechs Française dont les cours sont tellement encadrés par les robots qu’aucune progression ne semble plus possible. Il en ont déduit qu’il n’y avait plus de potentiel de gain immediat dans les biotechs , et pourtant à long terme, le potentiel reste énorme !

Cela n’est pas du a la qualité ni au manque de potentiel de nos Biotechs, c’est du a l’incapacité du marché parisien de considérer ces dernières comme autre chose qu’un terrain de jeu de court-terme.  Les vrais investisseurs sont devenus très rares.

Je peux facilement comparer avec les pratiques d’outre atlantique car sur un segment  particulier que sont les Biotechs ciblant la NASH, je me considère maintenant comme un spécialiste de ce marché et j’ai passé des heures interminables à l’évaluer ainsi que l’ensemble de ses acteurs.

Fin 2017 j’ai essayé d’établir un portefeuille virtuel rassemblant les Biotechs mondiales et les laboratoires qui me semblaient les plus prometteurs sur ce marché.  De ce portefeuille virtuel contenant des valeurs boursières pondérées, j’ai extrait un indice, le NASH Portfolio Index avec une base 100 au premier janvier 2018.

 


L’index est actuellement proche de 170, c’est a dire plus 70% en 6 mois.

Cet indice contient initialement 35% d’actions GENFIT du fait de sa position dans le peloton de tête tant scientifique qu’en terme d’avancement. Or la valorisation de GENFIT n’a pas bougé en 6 mois malgré un enchainement de bonnes nouvelles, car ces dernières ont immediatement été vendues.


Simultanément on a vu des valeurs US ou israéliennes cotées au NASDAQ avoir des progression de + 200% ou + 300% pour des résultats scientifiques contestables et peu ou pas supérieurs à ceux de GENFIT alors que leur potentiel accès au marché aura deux ou 3 ans de retard par rapport à la date prévisible d’AMM de notre pépite Française.


Le graphe ci dessous montrant l’évolution du poids relatif des valeurs au sein de l’index est sans appel.


 



Le poids de GENFIT qui était à l’origine de 35% dans l’index n’est plus que de 22% au bout de 6 mois.

L’ensemble des valeurs  présentes au NASDAQ à fortement  progressé sur la période au fur et a mesure que l’accès au marché se précise et que la taille gigantesque de ce marché ( voir ici l’analyse du marché ) se confirme. 

Mais GENFIT ne bouge pas d’un poil et on découvre même il y à quelques jours que la BNP parie discrètement sur sa baisse. 

C’est un constat amer, l’absence de compétence en biotechnologie chez les analystes ( à part quelques uns comme monsieur Guerin), l’absence de vrais investisseurs pariant sur la durée, la prédominance de financiers jouant sur les petites variations de marché plutôt que sur de la croissance long terme font que le marché parisien reste et restera toujours un casino réservé aux fonds spéculateurs et incapable d’accompagner l’économie réelle.

Les sociétés Biotechs françaises, ont donc comme seule solution de quitter ce marché parisien incompétent et d’aller se faire coter au NASDAQ, tant pis pour la place parisienne ! l’incompétence se paye toujours un jour!

Loin de moi l’idée de croire que la finance peut s’auto réguler, le profit immédiat et facile primera toujours sur les investissements long terme et les banques françaises ne font pas exception à la règle. Mais contrairement aux Etats Unis ou une très grande masse des américains détiennent des actions de leurs sociétés nationales et ou les class-actions contre les institutions financières scélérates sont monnaie courante, En France l’investisseur particulier reste très minoritaire et peu respecté par les institutions financières.

Le gouvernement a déclaré vouloir que l’épargne des français soit un peu plus orientée vers l’économie réelle que vers des produits financiers.

Je lui souhaite bien du courage. Car il va falloir donner confiance aux Français dans la régulation et l’impartialité des acteurs boursier. 

Découvrir que sa propre banque française joue contre vos investissements dans les entreprises françaises ne va pas aider.

 

 G Divry


"Il va se soi que, n’étant ni médecin ni biologiste, ni analyste financier, mon point de vue n’est que celui d’un amateur éclairé , il faut donc le prendre pour ce qu’il est, un point de vue contestable."





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